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mercredi 23 mai 2007

CUIDIER [Vcabulaire] (+ annexe CROIRE)

I Sens dans le texte.
"penser, croire"
"penser, compter, s'attendre à"

II Etymologie.
< cogitare (lat.) = agiter ensemble des pensées --> penser

A pour doublet savant cogiter mais de façon récente et a pris un sens assez ironique.

III En ancien français.
1/ Une opinion fondée sur une certitude justifiée --> impliquer un usage futur.
2/ Quand remise en compte, cuidier que suivi du subjonctif , "s'imaginre à tort que...", décalage avec la réalité --> donc toujours subjonctif à P2 + P3 car jamais assuré de l'opinion d'autrui.
3/ relation avec penser < pensare (peser) et croire<credere (avoir confiance)
4/cuidier + inf :
- je veux...
- être sur le point de...
- manquer, faillir...

IV En français moderne.
On le retrouve dans les Fables de La Fontaine mais archaïsme --> disparaît au XVIIème s.

V Dérivés.
- outrecuidant (-ce) : confiance excessive en soi.
- outrecuidier : témérité, audaceirréfléchie.
- le cuidier : la croyance, la présomption.


CROIRE
I Sens dans le texte.
Sens moderne
II Etymologie.
<>credere (avoir confiance, ajouter foi en, confier en prêt)
III En ancien français.
- sens actuel.
- sens financier existait.
- sesn religieux : prêter foi en l'existence de.
IV Evolution.
Quand cuidier a disparu au XVIème s., a remplacé partiellement avec penser.
+ en : "croire en Dieu" --> domaine du coeur.
+ à : "croire à Dieu" --> domaine de l'esprit.

FIER [Vocabulaire]

I Sens dans texte.
brave, hardi, fougueux, intrépide, impressionnant, qui a belle allure.

II Etymologie.
= sauvage principalement.
ferus hostis : ennemi cruel.
gens fera : la race féroce.
fera diluves : une innondation sauvage.

III En ancien français.
1/ Celui qui a conscience de sa propre valeur mais avec une valeur d'arrogance, d'orgueil.
2/ Celui qui est d'une dureté implacable.
3/ Violent.
4/ Courageux, intrépide, hardi, vaillant.
5/ péj. : quand s'oppose à douz, à courtois.
6/ fier semblant.
7/ Appliqué aux choses : très grand, très fort (En fr. moderne, on garde cette idée avec "fier menteur" par exemple).

IV En français moderne.
L'idée de violence a disparu de fier au profit de féroce : celui qui a un vif sentiment de sa propre dignité.
- fierté = hardiesse.
- fier-à-bras = fanfaron.

VERTU [vocabulaire]

Sens dans le texte : Force.

Etymologie :
= courage, vaillance, qualités morales. C'est un dérivé de vir.

En ancien français :
Sens le plus important est force, courage, énergie.
Sens actuel de faire le bien dérivé de celui-ci d'ailleurs.

Différentes expressions :
1/ faire vertus = faire des exploits aux armes ou faire des miracles.
2/ pierre de vertus = pierre ayant des propriétés curatives ou magiques. Donc vertu peut aoir le sens de "pouvoir".
3/ par vertu, de vertu = avec force.


En français moderne :
-en fr. classique : la vigueur physique ou morale (y compris chez A. GIDE, dans dictionnaire de Furetière, dans les Eloges de Bossuet...).
- qualité qui rend une chose à telle ou telle chose. Ex : la vertu de l'alcool.
- ferme et constante disposition ou volonté à faire le bien + vertus chrétiennes avec les 3 théologales (Foi, Espérance et Charité) et les 4 cardinales (Prudence, Tempérance, Force et Justice).
- chasteté féminine. Ex : prix de vertu, femme de petite vertu.

lundi 21 mai 2007

BALLIER [vocabulaire]

Etymologie :
<bajulare = porter sur son dos. En latin médiéval, exercer une fonction

Sens dominant en a. fr. :
Porter.
A côté, on trouve recevoir, accepter, saisir.

Evolution :
Jusqu'au XVIème s., on a à côté le verbe baillir, gouverner d'étypologie proche.

A décliné dès le XVIIème s., y compris avec un complément. Est sorti de l'usage courant. Est resté dans :

"Ballier un coup à qqun" (1694)
Baillier --> faire un bail mais c'est peu employé.


[TROU !!!! A COMPLETER ! ]


Estre malement bailli = être maltraité, être mal loti.

jeudi 3 mai 2007

DEVISER [vocabulaire]

Sens dans le texte :
Décrire

Etymologie :
< *devisare bas-latin (forme altérée par dissimilation) < *divisare < * divisum (participe) < dividere = partager, répartir.

Ancien français :
1/ Reste ce sens de partager jusqu'au XVIème s. où la forme "diviser" devient prépondérante.
2/ ranger, organiser --> C'est à partir de ce sens qu'on a le sens extrêment fréquent de décrire, raconter, réciter... --> Cela s'est maintenu en fr. moderne dans des emplois littéraires
3/ Prescrire, indiquer, fixer, décider, ordonner, souhaiter, choisir. On trouve souvent le couple "vouloir deviser" en ancien fr.

Evolution :
A disparu au profit de "diviser" sauf pour le sens de parler.

Dérivés :
1/ Devise :
a) division
b) ce qui distingue, en langue géradique, la formule placée sous les armoiries.
c) Au XVIIème s., c'est une règle de vie.
d) décrire.
e) adevise = à souhait.
f) plan, convention.
g) entretien, conversation.

mettre en devise = ordonner.
en nulle devise = en aucune manière.
sans nulle autre devise = sans plus attendre.

Le sens financier apparaît au XIXème s., sans doute venu de l'allemand Devise qui, peu à peu, a pris le sens de monnaie étrangère par métonymie : on imprime des devises sur un formulaire de change.

2/ Devis :
a) division, partage.
b) faire un devis : décrire, énumérer.
c) propos, discours.

FALLIR [vocabulaire]

Etymologie :
<*fallire lat. pop. < fallere lat. classique (tromper, échapper à)

fail rapidement, extension du radical palatalisé

Fail Fallons
Faus Fallez
Faut Fallent

A partir de la P1, P4-5-6 refaites en faillons, etc... + l'infinitif faillir.

Sens général : manquer, faire défaut
Avec des nuances diverses !
- prendre fin, cesser, s'arrêter.
- commettre une erreur.
- refuser tout service.
- échouer.

¤ p. passé "failli" = lâche.
¤ fallir à + inf. = ne pas réussir à.
¤ impersonnel : besoin, nécessité --> être nécessaire. Sens allant se développer pour le verbe fallir à l place de manquer.

==> falloir va se substituer à fallir par analogie de leurs P3 respectives.Il va être introduit en moyen-fr. (XIVème - XVème s.) et il y aura création d'un imparfait et d'un passé simple.

Fallir est devenu défectif à partir du développement de falloir et est resté faillir pour l'infinitif, les participes, etc. Au futur, "il faudrait" a monopolisé le sens d'être nécessaire aors réfection au futur de "faillir" pour manquer.

Au XVIème s., faillir = être sur le point de.

Paradigme morphologique :
1/ Défaillir = faire défaut jusqu'au XVIIème s. Puis sens moderne.
2/ Défaut = imperfection.
3/ Faille. "Sans faille" = assurément.
4/ Défaillance.

mercredi 2 mai 2007

CORT [vocabulaire]

Sens :
La cour du roi.

Etymologie :
(-tem)

cohortem > cortem (par écrasement) > cort

En latin --> cour de ferme, enclos. Puis, par extension, une partie du camp romain. Puis, par une nouvelle extension, la troupe qui occupait le terrain --> une cohorte = division de l'armée romaine d'environ 600 hommes.
Spécialisation : groupement de personnes qui aidait un chef de province, ses familiers.

En ancien français :
1/ Entourage proche du roi ou le bâtiment de résidence. Ca s'est conservé : "la cour de Louis XIV" (sous son siècle, ça prend de l'importance pour désigner le gouvernement d'un pays), "la noblesse de cour".
2/ Fête, notamment à l'occasion d'un mariage où toute la cour est réunie.

- la cort plénière : quand le roi réunit tous ses vassaux pour le conseiller ou l'aider à rendre justice. Va aussi désigner le siège de la justice où l'on plaide.
- tenir cort : réunir ses vassaux ou rendre justice.

Evolution :
Ay XVème, réunion de cort avec curia --> cette étymologie, fausse, va faire chuter le "t".

"Cour" est resté pour désigner les cours de justice : cour d'appel, de cassation, d'assise.

Sont restées les expressions des courtisans :
- "faire la cour à " (XVIIIème s.)
- "la cour", cercle de personne cherchant à obtenir les faveurs d'une autre.

La cour désigne aussi l'espace clos par des murs --> cour d'un château par exemple.

NB :
Le mot anglais "court" pour le tennis est revenu après un emprunt... au français !

N'hésitez pas à laisser vos compléments ou corrections dans les commentaires. Merci d'avance !

ESTER [Vocabulaire]

Cf. glossaire où monsieur Roussineau a glosé.

Etymologie
qui se rattache à une racine indo-européenne estea. Se retrouve dans le grec stasis, dans l'anglais to stand, dans l'allemand stehen.

En ancien français :
Ester est usuel en ancien fr.
1/ Intransitif : se tenir debout, rester, s'arrêter et même, dans un sens plus large, exister, être.
2/ Pronominal : s'arrêter ou se tenir.
3/ Son participe passé "esté" a servi de p. passé au verbe être. Il est possible que son p. présent "estant" soit rattaché au latin stantem et donc rattaché aussi à ce verbe.
4/ Impersonnel : au sens de arriver.

-La locution "laisse i ester" est très fréquente : laisser au repos, tranquille, ne plus s'occuper de, arrêter, cesser.
- "Ester à droit" = comparaître devant un tribunal.
- "attends, laisse ester la parole" = sur ce, il cesse d'en parler.

En français moderne :
Il n'est plus employé mais on peut le retrouvé dans le participe passé. Il subsiste comme un terme de droit à l'infinitif, "ester en justice" à partir du XIVème s., soutenir une action en justice soir comme demandeur, soit comme défenseur.

mardi 1 mai 2007

BARON [vocabulaire]

Attention : CS = BER

Sens dans le texte
--> chevaliers, chevaliers de grande vaillance
--> les grands seigneurs de la cour.

On trouve ce mot dans un des premiers textes en français, La vie de St Léger.

Etymologie
<*BARO, on suppose qu'il signifiait "homme libre". Avant l'invasion des Francs, il était déjà introduit dans le monde roman comme homme libre ou guerrier.

En Ancien français :
- Le chevalier qui appartient à l'entourage du roi, notamment dans les romans arthuriens. Souvent qualifiés de vaillants, de hardis et de preux.
- Preux chevalier (découle de ce qui précède).
- Un homme de haute naissance, un grand seigneur.
- Mari. Alors synonyme de espoux ou de Seigneur.

A la fin du Moyen-âge, se spécialise pour donner un titre nobiliaire entre le comte et le chevalier.

D'autre part, "baron" pouvait être utilisé comme adjectif, comme épithète laudativ (même aux saints).

Dérivés :
- barnage =
+ ensemble des barons.
+ grande vaillance.
+ exploit guerrier

Vous êtes cordialement invités à compléter ou à corriger ces quelques notes !

FRANC [vocabulaire]

Etymologie
Nom de peuple à l'origine. A fait son apparition à l'époque carolingienne, francus < frank. Désigne un citoyen de l'Empire jouissant d'une liberté à cette époque.

Se remarque dans la Chanson de Roland où le terme désigne des chevaliers chrétiens ou des hommes libres (par rapport aux serfs.)

A eu une forme suffixée : frances et françois qui a fini par supplanter l'autre forme au 1er s.

A été utilisé comme adjectif :
- libre : franc-homme, jeune homme. Opposé à "chétif homme".
- noble (s'opposant alors à "vilain"). Le rôle d'un noble était de combattre, il y a donc un rapport avec le courage.
- brave, courageux : adj. prud'homme.
- généreux (au sens large)
- bonne éducation, de façon plus générale.
- loyal : opposé "félon" ou à "traître".

A partir de la fin du XVIème s., le mot prend son sens moderne, c'est-à-dire sincère, qui dit la vérité. Dans un certain contexte, franc peut être ce qui présente une qualité, un élement de pureté, cf. "Cabernet franc" --> un cabernet de bonne qualité !!!

Au XVème s., devant un nom :
1/ complet, entier, véritable (ex : franche canaille), libre (coudées libres).
2/ troupes franches (= qui n'appartiennent pas aux troupes régulières)
3/ "franc de..." : libéré de (ex : franc de port).
4/ Exempt de taxes (ex : "ville franche" = ville exempte de taxes)

Dérivés :
1/ Franchise, qui a un sens parallèle qui se spécialise en ancien français.
2/ Franchir, en a. fr. = affranchir. A partir du XVIème s., développement du sens moderne = se libérer d'un obstacle.
3/ Franchement : librement, sincèrement.



Note d'Isa : vous êtes invités à corriger les fautes et à donner vos compléments éventuels sur ce mot dans les commentaires de cet article, afin que la fiche s'enrichisse puisqu'elle n'est constituée quà partir de notes ! Merci d'avance pour votre participation !

dimanche 1 avril 2007

GARANTIR [vocabulaire]

I Sens dans le texte.
vb. tr. "protéger"
"rendre assuré, certifier, attester."

II Etymologie.
Verbe dérivé du subs. et adj. guarant qui correspond au participe présent d'un ancien verbe garir, issu du francique *warjan "désigner qqc comme vrai" restitué d'après l'ancien haut-allemand (bi)warian "éprouver, vérifier".

III En ancien français.
Le sens premier est celui de "répondre de, se porter garant de qqc, assurer qqc sous sa responsabilité."
Parallèlement, garantir qqun contre, de s'est employé au sens de "metre qqun à l'abri d'un inconvénient."
==> d'où le sens général de "protéger" ; jur. (1238) : "défendre qqun contre une demande, l'indemniser du tort qu'il souffre par une éviction, une condamnation."

IV En français moderne.
1/ "répondre de la vérité de qqc." (1663), "donner pour vrai".
2/ Par extension, le verbe signifie "affirmer qqc en répondant de son authenticité" (1872).
3/ jur. "fournir l'assurance de qqc." (XVIIème s.)
4/ en emploi pronominal, se garantir de qqc signifie "se protéger de".

PARLEMENT [vocabulaire]

I Sens dans le texte.
"Conversation"

II Etymologie.
Ce subst. masc. est dérivé du verbe parler avec le suffixe -ement. Le verbe est lui-même issu du bas-latin ecclésiastique parabolare (VIIème s.) qui dérivait de parabola, mot qui, au sens évangélique de "parabole du Christ" d'où "parole du Christ", a donné parabole et parole.

III En ancien français (et en anglais !!!).
1/ Le 1er sens est celui de "conversation, propos" (à rapprocher de palabre).
2/ Le mot désigne ensuite jusqu'au XIIème s. une "assemblée délibérante", un "conseil réuni pour délibérer".
a) spécialement une assemblée de notables (1208) convoquéepour prendre une décision importante.
b) jusqu'à lafin du XIIIème s., le mot désigne ainsi "l'assemblée des Grands du royaume et de notables pouvant être convoqués par le roi pour délibérer des affaires politiques."
3/ A partir de la fin du XIIème s., le mot se spécialise dans un sens plus juridique.
a) il désigne un "conseil, une assemblée siégeant en Cour de justice."
b) puis il qualifie (1260) la cour souveraine (curia regis) dans sa session judiciaire et équivaut à "cour souveraine de justice", le Parlement de Paris, qui avait certaines prérogatives politiques (entre autres l'enregistrement des édits et ordonnances royaux).

N.B : On trouve aussi le mot employé en Angleterre, d'abord du temps des rios anglo-normands pour désigner la curia regis siégeant autour du roi. Le mot anglais parliament, d'abord parlement, est emprunté (XIIIème s.) au français avec les 2 sens de "conversation, propos", puis de "assemblée délibérante". Il désigne ensuite l'assemblée législative (1330) composée de la chambre des Lords et de la Chambre des Communes (1362).
L'analogie du système anglais avec le système des Etats en France est sentie dès le XVème s. Si le mot français parlement n'est pas utilisé pour désigner les assemblées représentatives de la nation française (celles-ci étaient désignées par le mot Etats), ce n'est pas le cas en Angleterre. Le fr. parlement assumera là-bas en effet, fin XIVème s., le sens d' "assemblée législative".

IV En français moderne.
En France, seul le sens 3 "cour souveraine de justice" est conservé jusqu'à la suppression de l'institution par un décret du 7 nov. 1790, le mot parlement au sens juridique devenant dès lors un terme historique.
Mais dans les pays à régime représentatif, le mot se met à désigner l'assemblée ou les chambres détenant le pouvoir législatif (XIXème s.). Le mot est donc réintroduit en France sous la IIIème République pour désigner le Sénat et la Chambre des députés ; sous la IVème République, il désigne l'Assemblée Nationale et le Conseil de la République sous la Vème République enfin, l'Assemblée Nationale et le Sénat.
Par métonymie, parlement peut renvoyer à l'édifice abritant la salle oùse réunit le parlement.

LOER [vocabulaire]

I Sens dans le texte.
"Conseiller"

II Etymologie.
Ce verbe transitif d'abord aparu sous la forme loer (1080), puis louer (XIVème s.), représente l'aboutissement d'une évolution phonétique du verbe latin laudare : "louer", dérivé de laus, laudis : "éloge, loange, mérite, gloire."

III En ancien français.
Deux sens prédominent : "faire l'éloge de, féliciter" (du XIème au XVIème s.) et "conseiller".

Le sens juridique intermédiaire d'"approuver" (1248) est sorti d'usage dès le XIVème s.

En emploi pronominal, soi loer de, le verbe a le sens de "se glorifier de" ou "être satisfait de".

IV En français moderne.
Seul le premier sens de l'a. fr. a été conservé : "déclarer qqun ou qqc digne d'admiration."

Le verbe autorise plusieurs constructions : transitive --> louer (qqun) de, pour, sur qqc ; pronominale.

COISIR [vocabulaire]

I Sens dans le texte.
"voir, distinguer"

II Etymologie.
Verbe coisir (1050), puis choisir est issu du gothique kausjan "goûter, examiner, éprouver". LE mot appartient à la même racine indoeuropéenne que le latin gustare (> goûter) et le sanskrit josayate "il prend plaisir à".

III En ancien français.
Le sens ancien "distinguer par la vue, voir distinctement", d'où choisir de l'oeil "apercevoir" bien attesté au XVIème s., s'est éteint au XVIIème s., sauf en Suisse romande. Il a été éliminé par le sens de "prendre de préférence" (fin XIIème s.).

IV En français moderne.
Le sens qui s'impose est celui de "prendre de préférence". Le verbe supplante dans l'usage courant au XVIIème s. son doublet d'origine latine élire.

Le participe passé adjectivé choisi, choisie (XVIIème s.) présente aussi l'acception classique de "bon, excellent" dans quelques syntagmes du registre soutenu (mets, termes choisis.)

TALENT [vocabulaire]

I Sens dans le texte.
Estre à son talant : "être à sa convenance, à son goût"

II Etymologie.
Subst. masc. emprunté (1170) comme terme d'Antiquité au latin talentum désignant un poids et une somme d'argent de Grèce. Le mot latin est emprunté au grec talanton "plateau de balance", d'où par métonymie "poids indéterminé, somme pesée en or ou en argent", mot qui se rattache à ne racine indoeuropéenne °tel- "porter, supporter" (au propre et au figuré). Le latin talentum, employé dans une parabole évangélique (dite "des talents", Matthieu XXV, 14) est la source des emplois figurés qui ont produit les sens du mot. Dans cette parabole, un maître a confié des talents à trois serviteur mais seuls deux font fructifier ceux qu'ils ont reçus tandis que le troisième enfouit, par paresse et par crainte, le sien en terre ; le mot vaut ainsi symboliquement pour "état d'âme" et "aptitude", car la parabole a été interprétée comm un encouragement à servir Dieu sur terre.

III En ancien français.
1/ "humeur, sentiment, état d'esprit" (fin Xème s.)
2/ "désir souhait, volonté" d'où les locutions avoir en talent : "désirer" (1080) ; faire son talent de : "agir à son gré" ; dire à son talent : "donner son avis".
3/ le sens moderne de "don, capacité, aptitude" (XIVème s.) vient du latin scolastique talentum où il signifiait : "dons, capacités, aptitudes accordés par Dieu".

IV En français moderne.
1/ "disposition naturelle ou acquise pour réussir en qqc."
2/ en emploi absolu, le talent se dit d'une aptitude remarquable dans le domaine intellectuel ou artistique.
3/ hist. : unité de poids athénienne de 20 à 27 kg.

jeudi 29 mars 2007

PUCELE [Vocabulaire]

I Sens dans le texte.
Jeune fille.

II Etymologie.
Issu du bas-latin *pullicella, "vierge pure". Son origine est discutée : on peut y voir un diminutif du latin classique pulla, fém. de pullus "propret", contraction de purullus qui est le diminutif de purus, "pur".

III En ancien français.
1/ Désigne une jeune fille non mariée et il a comme pendant masculin vaslet. Pucele insiste sur le fait que la personne est jeune et non mariée, par différece avec damoiselle qui ajoute l'idée de noblesse.
2/ A le sens spécialisé de "jeune vierge".
3/ Désigne en particulier la Vierge Marie en référence à sa virginité au moment de la conception du Christ.

IV En français moderne.
1/ Le sens second de l'AF l'a emporté sur les autres au XVIème s., rendant le sens général archaïque. Ainsi, dans le premier sens, pucele est remplacé par "fille" puis "jeune fille".
2/ De nos jours, le terme au sens de "jeune vierge" a une connotation ironique.
3/ Dans certains contextes cependant, le sens général est toujours employé : dans le contexte historique, la Pucelle d'Orléans (1656, titre du poème de Chapelain) pour désigner Jeanne d'Arc et, dans le contexte littéraire, les Doctes Pucelles qui qualifient les Muses.

DAMOISELLE [Vocabulaire]

I Sens dans le texte.
Jeune fille noble et non mariée au service d'une noble dame.

II Etymologie.
Issu du latin tardif *domnicella, contraction de *dominicella, diminutif du latin classique domina.

III En ancien français.
1/ Le mot fait référence à une jeune file de rang social élevé qui, par différence avec dame, est un être jeune et non-marié. Damoiselle met l'accent sur la haute condition sociale, contrairement à pucele qui insiste sur les traits de jeunesse et de virginité.
2/ A la fin du Moyen-Age, l'idée de noblesse l'emporte sur celle de jeunesse et de célibat. Par extension, le terme renvoie à une femme de petite noblesse, mariée à un bourgeois.
3/ Spécialement, dans le bas de la hiérarchie sociale, il désigne la servante.
4/ Il peut désigner une sorte de table de toilette.

IV En français moderne.
Le possessig "ma" et le substantif "demoiselle" se soudent au XVIème s. pour former le syntagme "mademoiselle".

1/ Le mot désigne une femme non mariée, quel que soit son âge. C'est la notion de célibat qui est mise en avant dorénavant. Si le terme est d'abord réservé aux femmes d'une certaine distinction, il est étendu ensuite à toutes les classes sociales.
2/ L'idée de service intervient dansles expressions suivantes : demoiselle suivante = "jeune fille au service d'une dame" ; demoiselle d'honneur = "jeune fille attachée à une mariée."
3/ Au XIXème s., il qualifie une femme attachée à un établissement, ex : demoiselle du téléphone.
4/ Dans le domaine technique, désigne l'outil du paveur.

Vous voulez rajouter quelque chose ? (ou tout simplement hurler votre haine de l'ancien français ?) N'hésitez pas : les commentaires sont là pour cela ! ;-)

DAME [Vocabulaire]

I Sens dans le texte.
--> "la dame de Gaudestroit"
--> par opp. à "damoiselle"
--> en apostrophe : "ma dame".

II Etymologie.
Ce substantif fém. vient du latin classique domina, "maîtresse de maison, épouse, amie, souveraine".

III En ancien français.
Le mot apparaît sous la forme dama aux alentours de 1050.

1) Sert à désigner "celle qui possédait une seigneurie avec autorité et commandement sur des vassaux" (développement parallèle à celui de dominus).
2) Appellation d'une femme de haut rang, par opposition à demoiselle qui peut désigner la femme d'un bourgeois à la fin du Moyen-Age et encore au XVIIème s.
3) "Dame" s'applique à l'épouse et spécialement, ds le langage courtois, à la femme aimée (XIIème s.)
4) Par extension, dès le XIIIème s., le mot commence à désigner une femme n'appartenant pas à la noblesse, mais cet usage ne se développe vraiment qu'au XVIème s. avec une nuance de courtoisie par rapport à "femme".
5) A partir de 1220, l'appellation Nostre-Dame désigne la Sainte-Vierge.

IV En français moderne.
1) Une dame est une femme à qui sa fonction ou son rang confère une certaine respectabilité.
2) Pour désigner une personne adulte de sexe fém., le terme comporte une nuance de considération.
3) Dans le domaine des jeux : "carte représentant une femme", "pièce la plus importante aux échecs après le roi" et "jeu de dames".
4) Dans la religion catho, "religieuse de certains ordres, chanoinesse".
5) Dans le langage technique, "outil qui sert au paveur à battre le sol ou à enfoncer les pavés."

mercredi 28 mars 2007

CHEVALIER [vocabulaire]

I Sens dans notre extrait.
Toujours "chevalier"

II Etymologie.
De l'étymon latin caballarium (dérivant de caballum, "cheval") qui dénommait un soldat de la cavalerie, un aide militaire ou, à partir du IXème siècle, un homme à cheval.

III En ancien français.
1) "cavalier" ; avant le XIIème s., chevalier signifie "cavalier de guerre monté"
2) "homme équipé pour le combat", cette dénomination correspond à un équipement spécifique. Il désignait alors aussi un seigneur féodal possédant un fief suffisament important pour assurer l'armement à cheval.
3) "guerrier de métier".
4) "membre de l'ordre de la chevalerie". A ce caractère initialement technique et professionnel s'attache un statut social. Avec la valorisation du métier de combattant, chevalier devient un terme laudatif, dénommant un guerrier d'élite. Cette valorisation est à l'origine d'une nouvelle signification apparue à la fin du XIIème s. et qui deviendra dominante, parallèle à l'évolution sémantique de la chevalerie qui, désignant tout d'abord un groupe de guerriers, finit par impliquer la noblesse, la bravoure, la générosité des sentiments et des actions. Chevalier a dénommé un membre de cette catégorie sociale.
5) Le chevalier errant, c-à-d itinérant, est le type même du héros des romans de la Table Ronde. Il chevauche de par le monde pour combattre dans les tournois, redresser les torts et acquérir du renom. (Cela restera un topos de la littérature, cf. Don Quichotte)

IV En français moderne.
Le mot chevalier est resté comme tel dans le vocabulaire des institutions médiévales. Il peut encore désigner un membre d'un ordre honorifique (Chevalier de Malte, chevalier de l'Ordre du Temple, etc...) et garder la valeur d'une distinction honorifique (ex : chevalier de la Légion d'honneur). A partir du XVIIème s., il correspond à un titre de noblesse ( au-dessous de baron).
On retrouve encore des traces de l'idéologie du XIIIème s. au XVIIIème s. dans l'expression chevalier de qqun où le terme signifie "protecteur".
En revanche, certaines expressions sont péjoratives : chevalier de l'industrie (1633) : "individu qui se sert d'expédients".



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